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Linguistique... linguistique... trop dur ! Mais tout le monde en fait de la linguistique, et même de la métalinguistique: nous baignons dans notre science du français, nous l'adaptons selon les circonstances et les personnes auxquelles nous parlons, familièrement aux unes, selon la mode du moment aux autres, grossièrement à l'automobiliste qui nous fait une queue de poisson, solennellement au personnage que nous jugeons important et respectable. Nous nous demandons si tel mot existe, nous critiquons ou nous admirons telle ou telle manière de parler, nous corrigeons ce qui nous semble fautif: en France et en francophonie, le français est la possession de chaque francophone, et non pas celle des linguistes, qui se contentent de le décortiquer, ni celle des dictionnaires, jamais vraiment complets, ni celle des académiciens, qui disent veiller à sa pureté mais doivent au fur et à mesure s'incliner devant l'usage qui avance, de siècle en siècle. Cet usage, c'est notre manière de parler à nous toutes et tous. Cela veut-il dire que nous pouvons dire n'importe quoi ? Bien sûr que non. La preuve en est notre sentiment de l'incorrection: "Je sais pas" ou "Chais pas" est familier et nous le savons,"Je pas sais" n'est pas français, et nous le savons encore mieux. Nous avons intégré dans l'enfance (ou par un apprentissage plus tardif réussi) les règles de notre langue, et ces règles structurent notre esprit et notre manière de parler. Et par exemple, l'une des règles de la langue française, c'est que pour parler d'une femme on emploie le féminin, pour parler d'un homme on emploie le masculin, ce qui ne se fait pas en anglais. Une directrice c'est une femme, un directeur c'est d'abord un homme. Cela paraît simple, et pourtant a fait couler des océans d'encre et fait dire mille insanités. Pourquoi? Comment parlons-nous des gens en français? Embarquons-nous dans la saga du masculin et du féminin français, où les aventures du féminin sont les plus étonnantes. Mais le masculin n'est pas en reste !
Bonne navigation !
Editorial à la Une du Monde de ce jour, lendemain de la "Journée Internationale de la femme":
"... En France, aujoiurd'hui, la parité politique est une farce..."
Le positif, c'est ce même jour l' "Appel des femmes arabes pour la dignité et l'égalité". Voilà des femmes courageuses.
Mais tant qu'en France ne seront pas posées les questions essentielles au niveau des symboles, on continuera à pleurer sur les "mentalités". Tant que les Droits y seront "de l'Homme" et non pas Humains, la femme y sera seconde, et voilée sous le droit masculin.
Bonne Année 2012 !
Qu'elle soit l'année où les femmes seront présentes partout et pas seulement le 8 mars !
Ma Résolution avec un gransd R: finir enfin la synthèse de mes recherches pour la rendre accessible à toutes et à tous. Préparez-vous, ça va chauffer ! La Femme moderne s'avance aujourd'hui sans complexes auprès de l'Homme moderne : on a bien plus de force à deux.
2011 avance mais pas le féminin : les constatations rituelles du 8 mars "Journée de la Femme" le répètent. On ne soigne, semble-t-il, que les symptômes de la misogynie traditionnelle. Celle-ci travaille à la base, et insidieusement, en excluant le féminin de la langue. Où en sommes-nous ? Un article de 2009, "Comment peut-on être Française", retrouvé par hasard, donne un aperçu du traitement des femmes parmi les "Français".
© Copyright Edwige Khaznadar